06 mai 2007
La compression : l'ultime élément
Afin de bien percevoir le principe de la compression, il est important de savoir quelques points quant au signal sonore. Lorsque que vous entendez un bruit quel qu’il soit, sa représentation visuel se matérialise sous forme de graphique, et s’exprime en « Décibel » (dB). Prenons comme exemple 15 secondes d’un morceau hip hop commençant en son début, pour un morceau entier vous pouvez multiplier la taille horizontale par 20 et imaginez d’autres formes de ce type tout au long de ce graphique.

Capture d'ecran du logiciel Soundforge
Vous notez que la partie verte est différente de la partie jaune. Sur la partie verte, le morceau commence avec un sample ou l’on entend une mélodie de piano jouant en boucle. Sur la partie jaune, cette même mélodie joue mais on lui a rajouté une basse et une section rythmique (le beat).
Celle-ci se compose d’une grosse caisse (le pied), d’une caisse claire (la snare), d’une cherley (dit hit-hat) et d’un tambourin (dit le tambourin !). Les traits fins qui viennent entrecouper verticalement la partie jaune sont la représentation des impactes du pied et de la snare (vous ne pouvez pas distinguer les impactes de la cherley car elle joue en même temps que les deux autres instruments).
Ces différences sont expressément liés aux volumes de chaques instruments, et additionnés les uns avec les autres. Plus la forme est épaisse et longue, plus le signal est fort et maintenu longtemps. Voila pourquoi un pied représente une ligne verticale, parce qu’il est là, le son le plus fort par rapport aux autres, mais surtout parce qu’il est très bref. Le son de la basse, lui est plus étalé et moins haut, vous le remarquez parce qu’il fait trois « pâtés ».
Nous allons voir maintenant à quoi ressemble notre morceau, une fois lui avoir appliqué une compression et analysé le resultat. Mais qu’elle est la machine avec laquelle nous allons pouvoir effectuer cette opération ? Heu…. Un compresseur m’sieur ! C’est bien, je vois que tout le monde suit.
Il existe deux types de compresseur, la machine au format solide, qui peut ressembler à ceci :
ou
Et le compresseur virtuel, sous forme de plugin (petit logiciel additionnable à un logiciel maitre) que l’on intègre à son séquenceur par exemple et qui peut ressembler à ceci :

Nous allons choisir d’utiliser le compresseur virtuel pour notre opération, sachant qu’avec un compresseur machine le résultat est le même en terme de fonctionnement.
Comme je l'ai dit plus haut, le volume d'un signal sonore, autrement dit un son, s'exprime en décibel. Lorsque vous composez un morceau, vous additionnez un certain nombre d'instruments, qui vont générer un certain nombre de sons. Chacun de ces sons vont être régler à un volume précis, tel que le ou les samples seront ajustés afin qu’on les entendent bien mais pas trop, la rythmique sera elle, un peu plus forte que le sample, et la basse, placer au milieu des deux, de façon à ce que le résultat soit cohérent. Ce qui pourrait nous donner ceci : (valeurs non exhaustives)
Le pied -2dB, La snare -4dB, La cherley -5dB, La Basse -8dB, Le ou les samples entre -10 et – 17dB
NB : lorsqu’on mesure l’intensité du volume (décibel), on part du principe que 0dB est la valeur nominale maximum pouvant être restitué. Voila pourquoi les valeurs sont écrites en - dB.
Le but de l’opération va être de trouver, avec le compresseur, le seuil de dynamique de chacun des instruments mélangés dans le morceaux. Dans la plus part des cas, l’on souhaite rendre le son dynamique, autrement dit « patate » On va donc régler le threshold du compresseur (le niveau du compresseur) au volume de l’instrument que l’on veut faire ressortir. Pour que le son soit « patate », il conviendra de chercher le niveau du pied afin d’accentuer la dynamique du morceau, c'est-à-dire ajuster le threshold à -2dB pour notre exemple. Cependant, cela n’est valable que lorsque vous connaissez précisément les volumes des instruments, en règle général c’est une étape qui se fait à l’oreille, on augmente progressivement le threshold jusqu'à entendre pleinement l’impacte du pied.
Voici le même graphique sonore que plus haut, avec la compression appliquer.

Qu’est ce que l’on remarque ? On remarque que le graphique est le même, mais avec les bords rabotés. Que c’est il passé ? Nous avons demander à notre compresseur de compresser le son à -2dB, il a donc écrasé tout le morceau jusqu'à cette valeur. Mais pourtant, nous souhaitions que notre morceau est plus de pêche, si le compresseur écrase le son, il aura donc moins de punch !
Rassurez-vous, tout va bien !
Il y a une deuxième fonction qu’il faut utiliser dans un compresseur, c’est le volume. il est certain que si la compression se limitait à un seul réglage cela serait d’une banalité débordante. Un compresseur comme vous l’avez observer sur les photos au dessus, possède plusieurs réglages. Il y en a 4 de bases, le threshold (le niveau) comme on vient de le voir, le gain (le volume), que l’on va voir tout de suite, ainsi que l’attack et le release, que l’on verra après. Le réglage du volume, va donc nous permettre de récupérer tout cette pêche que l’on vient de perdre suite à la compression. Il conviendra alors très simplement d’augmenter le volume à une valeur égale à celle perdu. Ex : vous compressez à -5dB, vous augmenterez donc le volume de 5dB.
A cette étape du processus de compression, vous entendez les ¾ du travail. A vous d’affiner la précision de votre compression. Ce qui nous donnes ceci :

Remarque importante
Tout ce processus s'applique également à un son seul, il est tout à fait possible, et même conseillé de compresser certains instruments pendant votre mixage, et ensuite compresser le tout tel qu’on vient de le faire. Il suffit par exemple d'appliquer une compression sur le pied, sur la snare ou sur un sample, chacun indépendamment de l’autre, pour y faire ressortir une partie que l’on voudrait plus présente. Tout ceux-ci en appliquant le même résonnement que la méthode que l’on vient de voir.
NB : Sur les 3 graphiques ci-haut, vous remarquez que chaque graphique comporte deux formes d'ondes similaires, éxprimant chacune d'elle un canal. En haut, le canal gauche et en bas, le canal droit, nous sommes donc en presence d'un son stereo. Dans le cas de traitement d'un son mono, vous aurez biensur qu'une seule forme d'onde.
Le rap est mort ?
On entend et on lit de plus en plus souvent ces derniers temps que le rap est mort. Le célèbre rappeur new-yorkais NAS à même titré son dernier album « Hip-hop is dead ».
Mais le rap est il vraiment dead ?
Un peu d’histoire… Le hip-hop est né dans les ghettos noirs américains des Etats-Unis à la fin des années 70 dont le point d’émergence est principalement les quartiers du bronx. Ce courant musical a été révélé entre autres par le groupe Sugarhill gang avec le fameux «Rapper’s delight» en 1979. Les figures emblématiques du hip-hop américain, dans les années qui ont suivi, sont entre autres Afrika Bambata, Public Enemy, NWA, Eric B & Rakim, LL Cool J, 2Pac, Notorious B.I.G, Naughty by Nature, KRS-One ou Mob Deep jusqu’à aujourd’hui 50 Cent.
Si on analyse les morceaux des années 80 à ceux actuels, on notera avec évidence la différence de qualité due à l’évolution technique du matériel bien entendu. Mais on notera également que les morceaux au fil des années ont subis des changements notables, suivant des vagues musicales ponctuelles, et donnant naissance aux différents idiomes du hip-hop que l’ont connaît bien.
Les prémices des productions hip-hop étaient basés sur une rythmique faite avec une boite à rythme et quelques samples de morceaux soul et funk tournant en boucle, exploitées de manière très sombre et redondante ce que l’on à très vite appelé le son East Coast, s'y distinguaient RZA et DJ Premier. Cet esprit artistique est arrivé bien plus tard en France avec Lionel D et Dee Nasty suivit de NTM, IAM etc.…
Puis sont arrivées les dislocations de groupes, ce qui a provoqué énormément de changements dans le hip-hop américain. Certains se sont orientés vers la production, et d’autres ont continué à rapper et certains même, les deux. Les producteurs comme Dr Dré, à qui l’ont doit l’explosion du style West Coast, avec son style revendicatif «Gangsta Rap», chez qui on note un développement particulier dans les structures musicales comparativement au style new-yorkais plus ancien. Ils adoptent une méthode de construction musicale plus riche, couplée à leurs sélections de samples. Ils ajoutent de plus en plus de lignes de synthés et créent des harmonies électroniques tirant souvent dans les très hauts aigues. Ils imposent un groove on ne peut plus non chaland qui va devenir la représentation musicale mythique d’un coin des états unis.
Ensuite, s’en sont dérivées plusieurs autres vagues jusqu’à aujourd’hui qui, plus les années passent, plus elles évoluent au gré de l’actualité et des tendances, avec des ambiances plus électroniques à la Timbaland, Neptunes ou Jay Z.
Nous occulterons volontairement le domaine commercial de la musique, qui nous ferait dévier vers une analyse quelque peu différente de notre vision puriste du hip-hop. Cependant, ne nous voilons pas la face, aucun artiste fait de la musique pour ne pas recevoir un jour ou l’autre une certaine gratification de son travail, surtout dans le hip-hop…. Malheureusement la reconnaissance n’est pas toujours distribuée de manière proportionnelle et méritée.
Ce qu’il faut retenir du hip-hop c’est que le rap est un moyen d’expression avant tout, comme n’importe quel activité artistique selon son contexte, aujourd’hui comme à ces débuts. Lorsque l’on parle d’expression cela veut dire partager, évoquer, se plaindre, insulter, raconter, médire... Depuis les tous débuts, les rappeurs s’expriment en marge de la société mais pourtant en harmonie avec leur génération, ce qui se ressent dans l’objectivité de leurs textes qui sont des reflets très clairs de ce qui se passe.
Cependant, le monde de la musique n’a pas attendu le rap ou la culture hip-hop, pour revendiquer les problèmes de la société, ou raconter les états d’âmes de la population. Le blues, le jazz, la soul, et le rock par exemple l’on fait bien avant lui. Sont-ils morts, ces courants musicaux ? N’y a-t-il pas de jazzman, de bluesman, de soulman ou de rockeurs aujourd’hui ?
Le rap est devenu un style musical à part entière, et autant que n’importe quel autre il subit les évolutions et changements commerciaux du monde dans lequel il progresse.
Alors le rap est mort ? Non ! Il évolue…
